0243 - Pasquin Cristofari - 2013 06 21

21 juin 2013

01 - 0243 - Pasquin Cristofari - 2013 06 21

ET LE PRINTEMPS CORSE DANS TOUT CA ?

 

Ne vous refrénez surtout pas et arrêtez moi si j’exagère : on s’insulte, on s’injurie, on fulmine, on se dénonce, on se dénigre au sein même de nombre de nos conseils municipaux, chambres départementales, conseils généraux, voire offices et agences, on s’accuse mutuellement entre membres de la CTC, ce n’est pas mieux entre responsables de communautés de communes, entre les protagonistes des transports, on néglige nos commerçants et nos entreprises forces vives avec notre jeunesse de cette île, on s’entredéchire dans nos stades où l’on se menace, on s’invective à qui mieux mieux avec délectation et où l’on prend un malin plaisir à s’affronter physiquement, on méprise la voix et les revendications de nos leaders syndicaux, on s’enorgueillit presque de notre incivisme, on tolère la xénophobie…. sans que tous ces comportements ne posent une quelconque question existentielle, mais cela vous l’avez remarqué. Toutefois quel ronchon je fais là, puisque nous aurons nos trois jours du Tour de France !

Alors eh bien que vive et s’installe et s’incruste sans que l’on ne réagisse sans que l’on s’en offusque, ce quotidien démocratique braillant, vitupérant, atrabilaire, insociable et querelleur !

Et en écrivant ceci je ne crains pas qu’on impute à mes ressentiments de mettre dans ces constatations plus de superficiel que de vérité car voyez-vous j’ai beau chercher, je ne trouve aucune excuses à cet entassement d’extravagances. Alors et je nous la pose cette question : C’en est assez ou pas ?

Nous venons de rappeler le pathétique, voici maintenant l’abjection et la flétrissure : on menace d’une façon éhontée et tout aussiscandaleuse des journalistes dans l’exercice de leur fonction, on fait sauter des maisons et villas souvent très souvent aboutissement d’une vie de travail, on assassine, on liquide, on supprime on abat et ces actes ignobles se renouvellent dans une forme de banalisation qui d’ailleurs se laisse écouter.

On ne peut plus se contenter de nos silences qui se font si tristement « entendre » une fois nos morts enterrés. Et le fameux « qui n’est pas pour nous est contre nous » rhétorique aussi binaire que confondante, ce principe si sournoisement arrimé à nos réflexes de vie, débouche sur ces pratiques criminelles utilisées par des individus en capacité de cette force là et qui n’épargneront pas plus ceux qu’ils méprisent que ceux qu’ils redoutent

  Et dans ce chaos d’inconséquences et ne craignant aucunement la honte et l’indignité car ce n’est plus du sang qui coule dans leurs veines mais de la boue, par ce « pouvoir du feu »  ils deviennent non pas la loi mais une loi, la leur !

Quel aveu humiliant, qui en sus nous amène à se rendre à cette évidence qui est celle que nous portons en nous d’une manière sous-jacente, imperceptible mais cependant présente, ce précepte ou prétendu tel à savoir, quand la loi n’est pas assez forte pour nous protéger nous nous précipitons dans les bras de la défense naturelle et de sa si détestable corrélation qui entérine le fait que se venger devient de l’ordre de la valeur. Ah grand dieu le poids des mots !

Or le résultat funeste est là devant nous et malgré ce on se contente et peu importe les raisons, de tempérer, de murmurer et de la blessure des désenchantés, sans vouloir au plus profond de nous éradiquer ces déplorables et pitoyables pulsions.

Que dire maintenant de l’attitude de la majorité de nos différents préfets et de leur administration trop souvent inodore, incolore et inaudible, puis de nos ministres qui pour toutes réponses à ces maux sans oublier ceux du chômage, de la précarité, du logement de la santé etc, etc … se tiennent droit dans leurs bottes se souciant de toutes obligations de résultats comme d’une guigne.

Une autorité effacée et en retrait, celle de l’Etat, ajoutée à une de nos déviances bien ancrée, l’insouciance immorale, puis une société à la fois meurtrie et gangrenée, cette triple insulte nous entraîne vers déprédation et ruine.

Je vous le dis : assez de brutalité, des vociférations, de vulgarité, assez d’obscénités, de jalousie et de haine, et l’inaction et le mutisme ne peuvent être des excuses car il nous faudra bien sortir de cette impasse. En Corse sommes nous sûrs de pouvoir être soi même ?

Et à ceux qui nous exhortent avec sincérité il est vrai et un militantisme à respecter, à lorgner vers notre passé et nos valeurs j’ai cependant une envie irrépressible de leur dire, sans ignorer ni négliger bien évidemment ces temps anciens, ne donnez pas plus d’importance à ce zoom arrière, car sans perdre notre âme je vous l’assure, des horizons nouveaux nous tendent les bras, il faut avancer, progresser, apprendre, communiquer, découvrir, refuser tout obscurantisme, il faut vivre, aimer, jouir, respirer, s’instruire de l’existence de ces autres, instaurer un dialogue fécond et décider d’une ouverture réelle à l’altérité en acceptant de voir dans nos frères venus d’ailleurs non un risque à la perte de notre corsitude mais bien au contraire une fantastique ouverture sur l’universalité.

  Mais où est donc passé ce mot « de la sainte devise de nos pères » oui ce mot de « Fraternité » ?

Car chez nous bien plus qu’ailleurs dans l’hexagone et en politique et en ces milieux marginalisés et dans cette dépossession et cette dissolution de ce qui nous a justement construit, le mot de Chamfort « sois mon frère ou je te tue » prend ici si malencontreusement sa place.

Mille fois oui à LA fraternité «  ce mot relique, ce mot épave » et le remettre au goût du jour serait faire œuvre d’utilité publique sous nos latitudes et un avenir qui s’annonce cauchemardesque.

Pourrons nous enfin un jour prochain, affirmer, clamer, claironner haut et fort : Regardez nous, non seulement nous sommes guéris mais heureux aussi ?

Edmond Simeoni  que je salue ici de toute mon amitié a dit ou du moins j’ai cru comprendre, qu’il fallait mettre en route des états généraux ? Non Edmond et avec tout le respect que je te dois je crois que tu te trompes. Notre impérieux besoin, c’est une catharsis.

 

Pasquin CRISTOFARI.

 

Posté par erioghje à 08:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]